5. Renforcement de la RTBF comme partenaire de premier plan

L’initiative « séries belges » lancées conjointement par la RTBF et la FWB est, en soi, excellente dans la mesure où elle répond à différentes problématiques que l’UPFF a souvent pointées dans le passé :

  • La quasi inexistence de séries télévisées locales permettant l’émergence de nouveaux talents (réalisateurs, scénaristes, techniciens et producteurs) et leur donnant l’occasion de se forger une expérience dans un contexte potentiellement plus porteur que celui d’un premier long métrage cinéma faisant l’objet d’une sortie en salle souvent très rapide et très confidentielle ;
  • Le rôle jusqu’à présent peu actif de la RTBF dans la découverte et la promotion de comédiens que le public aura envie de suivre dans leur carrière future (un peu à l’image de ce qui existe en Flandre depuis le développement des séries flamandes il y a 20 ans) ;
  • Le peu d’attachement actuel du public belge francophone à la production « du cru », que le succès de séries télévisées belges pourrait contribuer à faire grandir.

Dans cette optique, l’UPFF salue l’initiative de création d’un fonds spécifiquement consacré aux séries belges, de même que l’ambition de produire de nombreux projets afin de maximiser les chances de voir aboutir des séries « qui fonctionnent ». Comme évoqué dans le point précédent, elle a toutefois exprimé de vraies inquiétudes quant au financement des premières séries car les budgets envisagés sont très modestes et ne sont que partiellement couverts par les financements mis à disposition par la RTBF et la FWB. L’aide de Wallimage n’est pas automatique pour l’ensemble des projets et les producteurs doivent se débrouiller pour lever le maximum de Tax Shelter utilisable pour la production et trouver éventuellement des coproducteurs étrangers ou flamands, qu’ils risquent toutefois d’avoir du mal à intéresser sur des séries au profil trop low cost. Dans ce contexte, l’Union avait suggéré de répartir l’argent du fonds sur un peu moins de projets afin de pouvoir mieux financer chacun d’entre eux, mais cette proposition avait été rejetée par la RTBF. Nous évaluerons dès lors les résultats des premiers appels à projet et ne manquerons pas de faire de nouvelles suggestions en temps voulu.

De manière plus générale, l’UPFF sera attentive à préserver et renforcer les liens avec la RTBF afin de l’impliquer réellement dans la promotion de l’audiovisuel belge et de préserver sa contribution au financement de nos films, dans une optique de diversité culturelle en lien avec ses missions de service public. La question des droits détenus par la RTBF sur les films qu’elle coproduit fera également l’objet d’une attention particulière car on sait que la chaîne, qui acquiert déjà des droits de diffusion VOD et SVOD sur l’ensemble de ces coproductions (sans que cela ne fasse l’objet d’un paiement supplémentaire en achat ou en préachat), aimerait encore étendre son champ d’action dans le domaine des « nouveaux médias ». Or, une nouvelle extension des droits cédés risquerait d’affaiblir le producteur et de réduire ses possibilités de vente de ses productions à d’autres opérateurs, voire de nuire au financement des œuvres. En effet, ces différents opérateurs sont susceptibles d’intervenir/interviennent régulièrement en préachats ou en minima garantis entrant dans le financement de la production des œuvres… mais cela suppose que tous les droits d’exploitation ne soient pas détenus par la RTBF.

Enfin, l’Union entend bien préparer et participer activement à la révision du contrat de gestion de la RTBF lorsque le contrat actuel arrivera à échéance, fin 2017.

Esprits

5. Renforcement de la RTBF comme partenaire de premier plan

4. Développement et production des genres plus fragiles ou en expansion

L’un des grands enjeux d’un secteur audiovisuel en bonne santé est de se doter de moyens stables et pérennes pour développer de nouveaux projets, gages d’avenir et d’émergence de nouveaux talents. Or, dans un marché qui privilégie les formules qui marchent, au sein duquel les recettes ont plutôt tendance à chuter, et où les financements deviennent de plus en plus difficiles à trouver, les producteurs voient se réduire de manière très préoccupante leur capacité à investir dans le développement de projets audacieux et novateurs. D’autant qu’ils sont très peu soutenus par les guichets d’aides publiques, où les soutiens spécifiques au développement restent rares et très limités. Si deux initiatives récentes du CCA – la mise en place d’aides au développement pour les longs métrages de fiction et le fonds séries belges lancé conjointement avec la RTBF – sont venues pallier quelque peu ce manque, la phase de développement reste incontestablement l’étape la plus « fragile » de la production, notamment pour les jeunes maisons de production. L’UPFF sera attentive à chercher des pistes permettant d’encourager la création en soutenant mieux les producteurs dans leurs démarches de développement.

Dans la même optique – et parce que la diversité culturelle est ce qui permet l’émergence de talents et d’œuvres qui font la richesse et l’originalité de notre production –, l’Union accordera lors de cette législature une attention particulière à l’amélioration du financement des courts métrages et des documentaires (tout en veillant à maintenir, parallèlement, le niveau de financement des longs métrages de fiction). En effet, ces genres n’ont actuellement pas ou peu d’accès à certains guichets comme les fonds régionaux ou Belgacom, et vont qui plus est subir de plein fouet les conséquences du retrait de VOO de la CSF. Si l’accès au nouveau Tax Shelter devrait leur être facilité (en comparaison avec le système actuel, où l’investisseur détient des droits sur les recettes du film et peut dès lors être amené à privilégier les films au profil le plus commercial possible), il faudra attendre les premières levées de fonds pour évaluer l’impact réel de la réforme en leur faveur. Une réflexion plus globale sera alors menée afin d’identifier et de travailler sur d’autres sources de financement à développer.

Autre genre réputé moins fragile mais encore peu développé en Belgique francophone, la production de séries télévisées initiées en FWB qui bénéficie du nouveau fonds FWB-RTBF, mériterait également de pouvoir s’appuyer sur des sources de financement suffisantes pour permettre la réalisation de projets aboutis, réellement susceptibles de susciter l’engouement du public et de créer une dynamique pérenne de production dans ce nouveau créneau. L’UPFF a en effet attiré l’attention de la RTBF et du CCA sur le risque qu’il y avait à produire avec trop peu de moyens des séries dont le côté low cost pourrait se ressentir à l’écran. La toute première série issue de l’appel à projet venant juste d’être diffusée, et les projets suivants étant actuellement en phase de développement avancé ou de tournage, l’Union suivra attentivement les résultats de ce premier appel et ne manquera pas d’évaluer le dispositif mis en place en s’appuyant sur l’expérience des producteurs impliqués.

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4. Développement et production des genres plus fragiles ou en expansion