10. Promotion et diffusion du cinéma belge, et éducation au cinéma

Et voilà, dernier point d’attention et de réflexion de l’UPFF pour les mois à venir, et pas des moindres! Il fait d’ailleurs écho aux préoccupations exposées par la Ministre Joëlle Milquet lors du dernier Bilan du CCA, qui a annoncé vouloir mettre en place un nouveau plan de promotion, et renforcer l’éducation au cinéma.

Promotion et diffusion nationales du cinéma belge francophone

Outre les difficultés économiques évoquées plus haut, le cinéma belge francophone souffre trop souvent, malgré les très nombreuses sélections et récompenses dont il peut se targuer dans les festivals internationaux, d’un déficit de visibilité, notamment auprès de son propre public, en Fédération Wallonie-Bruxelles (et nous ne parlerons pas ici de la Flandre où, à de rares exceptions près, les films belges francophones n’existent purement et simplement pas).

Au contraire du public flamand, qui est particulièrement friand de productions locales impliquant des « bekende vlamingen » (acteurs mais aussi réalisateurs et même scénaristes), le public francophone affiche une nette préférence pour les productions américaines, généralement suivies au box office par des films français d’un certain budget, mettant en scène des stars francophones (parfois belges d’ailleurs, Cécile de France, Benoit Poelvoorde ou encore François Damiens sont très prisés en France) et bénéficiant de campagnes promotionnelles bien plus importantes que les productions majoritaires belges. Le spectateur belge, très habitué à regarder la télévision française, semble combler de cette manière son besoin de retrouver des éléments de son identité culturelle et n’éprouve pas (ou très peu) le besoin d’aller vers les films d’initiative belge, tournés avec des moyens plus modestes et dont les sorties sont nettement plus discrètes.

Lors de la législature précédente, plusieurs initiatives ont été prises par la Ministre et le CCA afin de mieux promouvoir nos films : financement d’une étude destinée à analyser la perception du cinéma belge par le public, création des Magritte du Cinéma, réforme des aides à la promotion, mise en place d’une campagne promotionnelle « Osez le cinéma belge », soutien à l’initiative Cinevox lancée par la régie publicitaire Brigthfish. Si ces actions ont certainement permis au public d’être mieux et plus régulièrement informé sur les films et les talents belges, nos productions continuent pourtant à pâtir de très faibles budgets de promotion et d’un marché des sorties cinéma hyperconcurrentiel d’une part, et du nombre réduit d’écrans de cinéma (particulièrement criant en matière d’art et essai) d’autre part. Ce phénomène empêche trop souvent les films de rester suffisamment longtemps à l’affiche pour bénéficier de l’effet d’un éventuel bouche-à-oreille favorable ; or, ce dernier élément est souvent déterminant pour le succès de films à petit budget de promotion.

Plusieurs nouveaux cinémas devraient voir (ou revoir) le jour dans les prochains mois en Wallonie et à Bruxelles (le Caméo à Namur, la nouvelle mouture du Parc à Charleroi ou encore Le Palace à Bruxelles), ce qui devrait permettre d’offrir un peu plus d’espace au cinéma d’auteur, notamment belge, et répondre ainsi partiellement au problème actuel de manque d’écran. L’UPFF suivra bien sûr très attentivement ces évolutions. Plus globalement, elle continuera à travailler sur toutes les pistes permettant d’offrir une meilleure visibilité et d’améliorer la promotion de notre cinéma vis-à-vis du public, tant au niveau national qu’international (sachant qu’en termes de ventes internationales, beaucoup de nos productions rencontrent déjà un vrai succès, qu’il est important de souligner). Enfin, la place de nos films dans les différentes offres VOD, SVOD et sur les plateformes de streaming légal disponibles en Belgique fera également l’objet de toute notre attention. En effet, si le public développe, comme on le souhaite et on le suppose, de vraies habitudes en matière de « consommation non-linéaire légale », il est primordial de chercher des manières de faire exister et de valoriser le cinéma belge sur ces plateformes/au sein de ces offres.

Renforcement de l’éducation au cinéma

Un dernier point sur lequel il nous semble primordial de travailler est celui de l’éducation au cinéma en Fédération Wallonie-Bruxelles, qu’elle prenne place dans un cadre plus large d’éducation à la culture et/ou d’éducation aux médias – le cinéma couvrant précisément les deux domaines. Il est en effet urgent que les jeunes, qui vivent aujourd’hui dans un monde hyper connecté, dominé par des phénomènes internationaux de masse, soient sensibilisés à la découverte d’une culture plus pointue que celle à laquelle ils sont naturellement connectés, et conscientisés sur des questions telles que les conséquences du streaming et du téléchargement illégal massif. Ce travail avec les jeunes est indispensable pour garantir que le public de demain fasse preuve d’un intérêt au moins aussi important, voire plus important que le public actuel, pour les œuvres à forte valeur ajoutée culturelle, dans une optique de diversité.

educationauxmedias©FIFF

 

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